Essai Cipan

Le contexte de l'essai :

Dans le cadre de la cinquième révision de la directive nitrate, se pose le problème de la mise en place des couverts végétaux en zone argileuse et de leur destruction pour la préparation à l’implantation d’une culture de printemps. Dans ce contexte, il est important de travailler une approche globale pour étudier les répercussions de l’introduction d’une CIPAN (Culture intermédiaire pièges à nitrates) sur le système de production du Lauragais : Blé dur / Tournesol ou Sorgho. Il est donc judicieux de suivre l’implantation d'une CIPAN, son développement, sa destruction et les conséquences agronomiques pour les culture suivantes, quelles soient biotiques ou abiotique (structuration du sol).

Objectifs de l'essai :

Dans un premier temps, il s'agit de tester différents couverts végétaux pour étudier leur facilité d’implantation, de levée et de développement.

Dans un second temps, d'évaluer différentes techniques de destruction de couverts et de préparation du sol.

Enfin, il faut évaluer l’impact sur les cultures suivantes, ici le tournesol et le sorgho.

Le protocole expérimental :

L’essai CIPAN mis en place sur l’exploitation du lycée permet de travailler différents mélanges de couverts et de les croiser avec plusieurs techniques de destruction.

Nous testons ici 6 types de couverts et 2 dates de semis le 23 Août et le 15 Septembre. Les modalités de destruction sont réalisées perpendiculairement aux semis des couverts. Nous testons 6 techniques de destruction ; du labour à l’automne à des techniques culturales simplifiées (covercrop, rototiller) en passant par des techniques de décompactage sur le rang avec le Strip-till.

 

 

 

 

 

 

 

Quelques images des couverts :

                               

     T4 (Avoine + Vesce pourpre)                                                         T5 (Avoine + Vesce de printemps)

                              

                               Luzerne                                                                                 Cameline

Le dispositif expérimental :

 

Remarque : Comme dit précédemment, il y a 2 dates de semis. Les modalités de destruction sont réalisées en travers des semis des différents couverts. La largeur prise pour chaque modalité de destruction ainsi que le témoin non traité (TNT) est de 12m soit 84 mètres au total, ce qui représente également la longueur de semis de tous les couverts. En ce qui concerne ces derniers, ils ont été semés à une largeur de 9 mètres sauf pour la modalités T1 et T1 (BIS) -> 6m et 3m.

Le site d'expérimentation :

Nous sommes sur l’exploitation du lycée d’Auzeville, sur des sols argilo-calcaire à argilo-limoneux avec des taux d’argile qui dépasse dans certains endroits de l’essai plus de 40%.

La pluviométrie de la campagne 2012-2013 :

 

 

 

 

 

 

 

 

Remarque : La campagne 2012/2013 a été relativement pluvieuse, surtout à partir de mi-janvier 2013, date à laquelle les pluies ont été largement exédentaires pour rattraper le déficit de pluie enregistré depuis septembre 2012. Les fortes pluies de Janvier, Février 2013 ont été contraignante puisqu'elles ont retardé la préparation du sol et la période de semis des cultures de printemps.

Présentation des résultats :

Nous allons analyser les résultats sous plusieurs angles pour essayer d’extraire une approche globale qui prend en compte :

  • L’enjeux technique : Biomasse produite, salissement
  • L’enjeux économique : coût de production
  • L’enjeux environnemental : IFT, biodiversité

- Analyse technique

Relevé de biomasse entrée et sortie hiver :

        

Remarque : Les relevés de biomasse entrée d’hiver varient de moins de 200gr MV/m² à plus de 800gr MV/m²  <-> 2 TMV (tonne matière verte)/ha à plus de 8 TMV/ha. La première date de semis fin Août reste devant en biomasse excepté pour le mélange T1 (Avoine + Féverole) qui reste homogène quelque soit la date de semis. Le mélange T3 (Avoine + Luzerne) entrée hiver n'est pas satisfaisant pour la première et seconde date de semis.

Les relevés de biomasse en sortie d’hiver varient de 3 TMV/ha à plus de 18 TMV/ha. Les conditions climatiques (hiver doux et pluvieux) ont été favorable au développement du T1 l'effet date de semis tardif a également joué sur cet grosse production. Les autres couverts se sont stabilisés avec un rattrapage du retard de la deuxième date de semis qui a continuée à se développer pendant l’hiver. Les couverts T2 et T3 à base tous deux de luzerne ont cependant de faible rendement en MV. Il serait bon d'essayer une date de semis plus précoce pour la luzerne, c'est à dire courant Juillet pour évaluer son potentiel. Enfin, les couverts T4 et T5 (Avoine + Vesce) ont une production de biomasse intermédiaire autour de 8 TMV/ha, ils sont intérressant agronomiquement puisque cela correspond à 2.5 TMS (tonne de matière sèche)/ha produites.

Salissement des couverts au 16 Octobre 2012 :

Remarque : Il est difficile d’interpréter les notations de salissement qui sont essentielllement associées à l’historique de la parcelle. Sur la première date de semis on peut s'apercevoir que l'on a une pression adventice plus faible par rapport à la seconde date de semis. Hormis une pression ray-grass sur le couvert T1, la première date de semis plus précoce (Août) a permis aux couverts d'échapper à la plupart des adventices du fait d'un développement végétatif rapide et plus important. Au contraire, la seconde date de semis (Fin septembre) a été plus sujet aux adventices notamment le géranium sur le couvert T5, parce que le couvert s'est développé moins efficacement et moins rapidement avant les périodes de levées préférentielles des mauvaises herbes.

L'efficience des modalités de destruction :

Remarque : Compte tenue des conditions climatiques de l’année, la destruction des couverts a été très compliquée sortie hiver avec des sols argileux gorgés d’eau. Les outils comme le covercrop sortie d’hiver ont été dépressif sur la struture du sol avec la création de lard et de semelle. Le travail à l’automne, labour et strip-till, on été réalisés entrée hiver dans de très bonne condition avec une bonne struture du sol. Il faut noter que la struture du sol en sortie d’hiver avec le strip-till s’est fortement détérioré avec une reprise en masse problématique sur les 15 premiers centimètres. Une reprise avec le rototiller a été necessaire pour essayer de semer. L’utilisation du rolofaca pour lacérer les couverts et les rendrent plus sensibles au gel s’est avéré lui aussi peu intéressant du fait que les gelées n’ont pas suivies. La destruction chimique a été effectuée avec du glyphosate à 1.5 L/ha accompagné d'un adjuvant* le 2,4D à 0.2 L/ha.  

Quelques images des travaux du sol :

          


                                                   

- Analyse économique des couverts

Coût des couverts et coût de destruction : 

Remarque : Le couvert le plus intéressant est le T1 (Avoine + féverole) car il est très productif et reste peu cher à l'implantation (30€/ha). En ce qui concerne les couverts T4 et T5, ceux-ci sont trop cher (60 €) compte tenue de leur productivité. Bien que le coût des couverts T2 et T3 est plutôt faible, ces derniers ne produisent pas assez de biomasse non plus.

Remarque : Le labour reste la modalitée de destruction la plus coûteuse. La destruction chimique est très intéressante mais elle permet seulement de seconder les passages mécaniques qui ont un effet sur la structure du sol. Il serait intéressant d'associer un désherbage chimique à basse dose avec un passage de rolofaca pour voir les effets combinés de ces deux modalités. Le strip-till semblait être une alternative au labour mais l’année n’a pas été propice à son expression pour un coût qui reste encore élevé compte tenu qu’il faut rajouter le passage d’un rototiller pour la reprise sortie d’hiver, le sol s’étant totalement refermé.

Estimation du temps de travail :

 

Remarque : Le travail profond du sol comme le labour et le strip-till prennent plus de temps que les travaux du sol superficiels (Rolofaca et Rototiller) ou la vitesse d'avancement est plus élevée. La destruction chimique est l'opération qui prend le moins de temps à l'hectare (30 min).

Synthèse générale de l'essai :

En complément de ses études téchniques économiques, il serait souhaitable d’évaluer sur du moyen terme l’impact des couverts sur la teneur en matière organique du sol et indirectement sur sa structure. Il est clair que cette année a été très compliquée pour évaluer correctement les CIPAN, ce que nous pouvons dire c’est que le mélange T1 (Avoine+Féverole) reste largement en tête techniquement et économiquement. L’intégration d’une légumineuse est intéressant pour apporter l’azote à la culture suivante qu'il faudra évaluer à la récolte du sorgho et du tournesol.

En terme de préparation du sol et de destruction de couvert, il est indispensable de détruire le couvert minimum 2 mois avant le semis. On constate qu’une destruction mécanique en vert attire plus de limace qu’une destruction chimique. Si on doit arrêter le glyphosate il faudra détuire au moins 3 mois avant le semis pour limiter l’impact des ravageurs.

Les premières observations sur les cultures suivantes sont assez marqués avec une destruction à plus de 90% sur le tournesol quelque soit la modalitée de préparation, excepté pour le labour ou on on tombe à 50%. Cette destruction liée essentiellement au limace et à des apport tardif d’anti-limace, pour évaluer en témoin la pression ravageur. Il est donc clair que l’anti-limace en raie de semis et en post levée reste indispensable dans une stratégie de couvert détruit sans labour.

Date de dernière mise à jour : 04/02/2016

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