Essai Bas Volume

Le contexte de l'essai :

On assiste depuis 50 ans à une baisse significative du volume de bouillie épandue, de 300 à 400 L/ha. Actuellement, le volume des bouillies de pulvérisation s'établit autour des 100 L/ha en grande culture, parfois même le volume de bouillie peut descendre jusqu'à 40 L/ha. La diminution du volume de bouillie est possible grâce à des baisses de dose de produit à l’hectare.

Le raisonnement est axé sur la concentration efficace soit le rapport dose sur volume de bouillie appliqué. Compte tenu de l’évolution grandissante des surfaces des exploitations agricoles françaises, l’agriculteur en plus de l’intérêt économique, gagne du temps pour les interventions. Toutefois, il est à noter que le raisonnement appliqué doit tenir compte du mode de pénétration et de circulation du produit dans la plante cible ainsi que sa robustesse face aux parasites ou aux adventices ciblées. A ces contraintes techniques liées aux caractéristiques physiques et chimiques du produit phytosanitaire, s’ajoute le développement grandissant des résistances. En effet, quelque soit le domaine d’action, herbicide, fongicide ou insecticide, les résistances aux produits phytosanitaires progressent de façon significative en France. L’une des plus préoccupantes reste la résistance des graminées automnales (Ray-grass, Vulpin, Folle-avoine). Il est donc important de cadrer les préconisations sur la technique bas volume.

Objectif de l'essai :

Il s'agit d'optimiser l’utilisation du glyphosate en interculture avec la technique du désherbage en bas volume.

Le protocole experimental :

La technique du bas volume consiste à concentrer le produit utilisé en diminuant la bouillie épandue à l’hectare, on passe de 150 L/ha à 50 L/ha. Cette technique nécessite une bonne maîtrise du réglage du pulvérisateur et d’intervenir avec des contions climatiques optimales (température, hygrométrie, vent, adjuvant…). Cette technique ne peut être appliquée qu’à une certaine catégorie de produits qui doivent répondre aux critères suivants :

  • Le produit doit être systémique.
  • Le produit doit être robuste avec des courbes de réponse à la dose souple, c’est-à-dire un spectre d’efficacité qui répond à la dose avec des volumes de 150 L/ha de bouillie.
  • Le risque de résistance des adventices doit être faible à moyen pour éviter la sélection des résistances (mode d’action multisite ou unisite)

Afin d’optimiser l’efficacité du désherbage chimique sur les repousses de blé et de colza, nous avons associé une huile végétale avec du sulfate d’ammoniaque pour valoriser son effet hygroscopique. Le sel de sulfate d’ammoniaque permet de capter l’hygrométrie de l’air, il limite ainsi l’évaporation de la gouttelette de bouillie à la surface des feuilles et améliore donc la quantité de produit qui pénètre dans l’adventice. Dans les essais nous avons travaillé avec le produit Tonix, un sulfate d’ammoniaque en cours d’homologation adjuvant*.

Le dispositif expérimental :

Afin de s’assurer les levées homogènes des repousses, il a été décidé de semer directement une bande de colza et de céréales en contre saison.

3 volumes de bouillie de traitement ont été travaillés, 50 L/ha ; 100 L/ha et 150 L/ha croisés avec 2 doses de glyphosate par culture :

  • 1,6 L/ha et 0,8 L/ha pour les repousses de blé
  • 2,5 L/ha et 1,25 L/ha pour les repousses de colza

Modalit

Les conditions d’applications étaient optimales avec 85% d’hygrométrie une température comprise entre 5 et 15°C. Le type de matériel utilisé : Buse à injection d’air pour les volumes de 100 a 150 L/ha et des buses classique pour le 50 L/ha.

Présentation des résultats :

Parmis ces résultats il sera fait une analyse économique et une analyse d'efficacité.

- Analyse économique : 

R

Remarque : Le volume de la bouillie et la dose du glyphosate joue considérablement sur le prix de la pulvérisation à l'hectare. Ainsi, le traitement de gestion des repousses de blé à une dose maximale en glyphosate de 1.6 L/ha dans 150 L/ha de bouillie de pulvérisation pour gérer les repousses de blé, coûtent le plus cher. On peut faire le même constat en ce qui concerne la gestion des repousses de colza. On observe donc logiquement une baisse du coût/ha lorsque la dose et le volume de bouillie diminue. En ce qui concerne l'IFT, ce dernier suit la même tendance c'est à dire qu'il baisse proportionnellement avec la dose de glyphosate appliquée.   

- Analyse d'efficacité: 

R

Remarque : On constate une différence significative sur la rapidité d’action du glyphosate selon la concentration du produit appliqué sur le colza essentiellement. En effet, à T+ 20j (traitement + 20 jours), on observe plus de 20 points d’écart entre les modalités extrêmes 1,25 L/ha dans 50 L de bouillie et 2,5 L/ha dans 150 L/ha. On passe d’une concentration de 2,5% à 1,60%. A T + 27j la rapidité d’action du glyphosate sur le colza se creuse en faveur de la dose concentrée dans 50 L de bouillie. Toutefois à T + 35j, l’ensemble des modalités finissent à 100% de destruction.

Pour ce qui concerne le Blé tendre au stade redressement, quelle que soit la concentration travaillée, la destruction est totale à T + 27 jours.

- Photos d’efficacité de destruction du glyphosate sur Colza

Resultats

- Photos d’efficacité de destruction du glyphosate sur Blé tendre

Resultats

Synthèse générale de l'essai :

Cet essai met en évidence l’intérêt de travailler la concentration de bouillie pour l’utilisation du glyphosate dans la destruction des repousses de colza et de blé tendre. L’effet de la concentration à 50 L/ha permet d’améliorer la rapidité d’action du produit, notamment sur le colza à demi-dose conseillée de glyphosate. Sur Blé tendre la question est de savoir jusqu’où peut-on descendre la dose en travaillant à 50 L/ha de bouillie car à T+27j, on obtient 100% d’efficacité à 0,8 L/ha. 

Date de dernière mise à jour : 04/02/2016

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