Stimulateur de Défense des Plantes

Noms des responsables de l'essai : Romain CHAPOT, Quentin DEVALLÉ, Lucie GIGNOL, Laure MICHALECK, Pierre RAMOND

Responsable de la publication : Quentin DEVALLÉ

 

Définition

Les SDP, Stimulateur de Défense des Plantes, sont des substances naturelles qui, lorsqu’elles sont reconnues par la plante, permettent à celle-ci de mettre en place deux types de réponse :

 

  • Une réponse locale pour lutter contre le bio-agresseur : la plante va produire des phytoalexines qui vont dégrader les cellules du bio-agresseur et les cellules de la plante atteintes. De la lignine va également être produite pour épaissir la paroi de la cuticule. L’objectif est ici de limiter la progression du bio-agresseur.
  • Une seconde réponse, cette fois-ci systémique, pour prévenir une future agression : il y a production de phytoalexines à l’échelle de la plante.

Nous utilisons les SDP dans le but de contenir au mieux les facteurs biotiques afin de répondre au plan Écophyto 2021 en limitant l’utilisation des fongicides à base de triazoles et de strobilurines entre autres car les souches de champignon sont résistantes à ces substances.

De plus, l’exploitation du lycée se situe en zone péri-urbaine. La qualité de l’air est donc un enjeu important qui se traduit par une réduction des interventions chimiques et une utilisation limitée des triazoles qui sont une des principales sources de pollution de l’air.

Les SDP constituent une solution d’accompagnement à la lutte chimique. Ils doivent être mobilisés en dernier recours après avoir mis en place des leviers agronomiques afin de contrôler la pression fongique. Les principaux leviers agronomiques sont le choix variétal, la succession culturale, la densité de semis, la date de semis, le labour/déchaumage et le raisonnement de la fertilisation.

 

 

 

Contexte général

 

Nous avons réalisé une expérimentation sur blé tendre et blé dur, ces cultures étant les plus représentatives du Lauragais. Nous cherchons à évaluer l’efficacité des SDP par rapport à des maladies problématiques du Lauragais en termes qualitatif (baisse de la qualité : taux de protéine) et quantitatif (diminution des rendements).

Les maladies ciblées sont la fusariose (maladie de l’épi) ainsi que la septoriose (maladie du feuillage) qui sont les deux maladies qui posent le plus de problèmes, avec la rouille brune, On observera aussi si les SDP ont des effets sur d’autres maladies du feuillage comme l’oïdium.

 

 

Protocoles et dispositifs expérimentaux

1.  Essai sur Septororia Trici

Dégâts : 25 à 40 q/ha

La septoriose est caractérisée par des chloroses ovales jaunes sur feuilles se transformant en nécroses avec des pycnides noirs. L’humidité et les températures douces (15-20°C) accentuent la pression fongique.

La septoriose va ainsi se développer suite à des précipitations. Les pycnides vont alors se gorger d’eau et libérer des spores appelées cirrhes qui vont être disséminées via l’effet splashing et le vent sur les feuilles supérieures, contaminant ainsi l'ensemble de la culture.

Nous avons réalisé deux essais sur septoriose sur des parcelles précédent tournesol, représentatif du Lauragais. Un labour a été effectué avant l’implantation de la culture pour favoriser son implantation et diminuer la pression maladie.

 

 

Essai variétal

Deux facteurs sont étudiés :

 

  • Variétés : ANVERGUR, OREGRAIN et BOLOGNA.

                   Variete essai varietal

Nous avons choisi ces variétés car elles présentent des niveaux de sensibilité à la septoriose et à la fusariose différentes, ce qui permet d’évaluer la réponse des SDP à la pression fongique. De plus, elles sont assez résistantes à la rouille brune pour ne pas mettre en péril l’essai car l’efficacité des SDP sur cette maladie n’a pas été prouvée, la pression étant importante dans le Lauragais chaque année.

        Modalite septo

  • Type de SDP

L’objectif de l’essai variétal est d’observer un effet d’interaction entre la variété et la SDP. C’est pourquoi nous avons réalisé un plan en blocs randomisé afin de croiser les 2 facteurs.

 

Il y a 14 modalités pour l’essai variétal :

  • Un TNT afin de mesurer la pression maladie et de constater l’efficacité du fongicide.
  • Un fongicide de référence à dose haute et à dose basse, ici, VIVERDA (1 l/ha), à base de boscalid (SDHI) et d’époxiconazole (triazole) afin d’observer un effet du SDP.
  • Un fongicide de référence à dose réduite, VIVERDA (0.5 l/ha)
  • 11 SDP en association avec VIVERDA à dose réduite (0.5 l/ha)

 

Essai sur la variété ASCOTT

                                   Variete essai ascott

Un seul facteur est étudié : type de SDP

L’objectif de l’essai ASCOTT est d’observer un effet du SDP. C’est pourquoi nous avons mis en place un plan randomisé en trois blocs, ainsi nous avons 3 répétitions.

 

Il y a 10 modalités pour l’essai ASCOTT :

  • Un TNT afin de mesurer la pression maladie et de constater l’efficacité du fongicide.
  • Un fongicide de référence à dose haute et à dose basse, ici, VIVERDA (1 l/ha), à base de boscalid (SDHI) et d’époxiconazole (triazole) afin d’observer un effet du SDP.
  • Un fongicide de référence à dose réduite, VIVERDA (0.5 l/ha)
  • 7 SDP en association avec VIVERDA à dose réduite (0.5 l/ha)

En T1 on utilise uniquement un SDP car la pression maladie est faible et le SDP doit être utilisé en préventif. Pour le T2 on couple le SDP avec le fongicide de référence à dose faible, car la pression est plus élevée donc le fongicide est complémentaire du SDP.

 

 

 

2.  Essai sur Fusariose des épis

 

La fusariose est caractérisée par l’expulsion de spores en condition de températures douces et d’humidité, qui vont être disséminées par le vent (contamination primaire). Les souches de fusariose présentes sur les résidus de culture et les plantes hôtes, comme le sorgho et le maïs, vont accentuer la pression maladie sur la culture suivante.

                                                       Variete essai fusariose

Modalités

Modalite fusa

On a mis en place des fongicides de référence haute et basse, PROSARO à base de triazoles pour pouvoir constater un effet du SDP. Le TNT permet de mesurer la pression maladie de l’année et de constater l’efficacité de PROSARO.

 

On a choisi différentes stratégies de lutte :

  • Une stratégie basée sur la protection exclusive de l’épi en association avec une dose réduite de PROSARO. Le fongicide va permettre de diminuer la pression du pathogène et le SDP va accompagner la plante jusqu’à la fin du cycle (lutte systémique). Cette stratégie n’est utilisée qu’en T3 stade pleine floraison (14 mai). Elle compte 4 modalités et a pour but de gérer la pression directement sur l’épi.
  • Une stratégie de protection basée sur la feuille en association avec PROSARO à dose réduite. On met en place des SDP à base de souches mycéliennes au stade DFE (dernière feuille étalée) en prévention de la pression fusariose pour mettre en place les premières défenses.
  • Une stratégie axée sur la protection du sol et de la feuille composée exclusivement de SDP. On met en place dès le T1 une souche de SDP à base de champignons antagonistes pour couvrir le sol et empêcher le développement de l’inoculum.

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 29/05/2016

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site