Capitalisation du potentiel des sols

Responsable de l'essai : DURAND Lucas, VIALA Tristan, BOU Alexis, BONNET Honorine, ALBERT Aurélien, CARBONNE Mélia, SMEJKAL Florian

Responsable de la publication : VIALA Tristan

 

Contexte

La région agricole du Lauragais est une zone de grandes cultures où se pratique une rotation principale blé dur / tournesol. C’est une rotation courte et peu diversifiée avec une interculture longue entre le blé et le tournesol (10 mois en moyenne).

Les sols de cette région sont majoritairement des terreforts argilo-calcaires de coteaux.

Actuellement, cette région de grandes cultures connaît divers problèmes agronomiques et environnementaux notamment à cause de la faible diversité de la rotation.

Tout d’abord, la région fait face à une diminution conséquente de la matière organique des sols due à la faible présence d’élevages dans la région et donc peu d’épandage de matière organique. De plus, le labour fréquemment pratiqué avant une culture de printemps (principalement le tournesol) dilue la matière organique dans le sol. Ce faible taux de matière organique engendre des problèmes de stabilité structurale et d’érosion des sols. Cette dernière est notamment accentuée par la présence de pentes dans la région (coteaux) ainsi que par les fortes pluies et orages printaniers entraînant la terre fine préalablement créée pour l’implantation des cultures de printemps. Enfin, les problèmes de lixiviation du sol sont importants du fait de la faible couverture des sols en interculture. La conséquence la plus observable de ces phénomènes est la stagnation du potentiel de rendement, notamment sur tournesol, bien que le progrès génétique nous permette de meilleurs rendements.

Ajoutons qu’environ 80% du Lauragais est en zone vulnérable, ce qui engage les agriculteurs à respecter la directive nitrate. La couverture des sols est obligatoire durant 2 mois minimum par une CIPAN ou une culture dérobée implantée au plus tard le 20 septembre. Cependant, la région du Lauragais est en majeure partie sous dérogation argile (parcelles à plus de 25% d’argile), ce qui permet aux agriculteurs de limiter leur couverture des sols obligatoire à 20% des surfaces seulement. La directive nitrates impose aussi l'élaboration d'un plan prévisionnel de fumure contraignant ainsi les agriculteurs à bien gérer leur fertilisation azotée.

L’introduction de couverts végétaux dans la rotation est une solution pouvant résoudre une partie des problèmes agronomiques du territoire du Lauragais. En effet, ils possèdent de nombreux avantages comme l’augmentation de la fertilité physique d’un sol, en permettant d’augmenter la stabilité structurale de celui-ci durant l’interculture grâce aux résidus qu’ils génèrent. De plus, les racines des différentes espèces maintiennent la structure créée par le travail du sol jusqu’à la culture suivante. L’implantation d’un couvert végétal permet également d’augmenter légèrement la matière organique et donc la fertilité biologique du sol : même si l’apport est faible, c’est un avantage à ne pas négliger, notamment dans la région du Lauragais où le taux de matière organique est de plus en plus faible (environ 1%, source : chambre de l’agriculture de Midi-Pyrénées). Au niveau de la fertilité chimique, les couverts végétaux ont un rôle important dans la gestion de l’azote : dans le cas d’une CIPAN, ils piègent les nitrates lixiviés et restituent majoritairement de l’azote à la culture suivante, ainsi que du potassium et du phosphore en moindres quantités. Le coût de la fertilisation azotée est ainsi réduit avec une économie d’environ 40 unités d’azote (source : simulation méthode MERCI) faite grâce à l’implantation d’une CIPAN en interculture. L’érosion des sols caractéristique des coteaux du Lauragais ainsi que le développement des adventices sont également ralentis par la couverture du sol en interculture. Le couvert permet donc d’avoir une parcelle plus propre lors du démarrage de la culture suivante.

Il est donc important pour les agriculteurs de considérer l’option des couverts végétaux durant leurs intercultures. Ceux-ci font partie des différents leviers agronomiques permettant de résoudre les différents problèmes agronomiques rencontrés dans le Lauragais.

Pour implanter un couvert, plusieurs périodes peuvent être envisagées avec plus ou moins de faisabilité dans la région du Lauragais.

Les semis d’été ne sont pas impossibles à condition de semer juste après la moisson (1 ou 2 jours plus tard) dans un sol qui a conservé de l’humidité et d’implanter des espèces résistantes à la sécheresse (moha, nyger, sorgho fourrager). Les couverts semés en début d’automne (comme la moutarde) peuvent être réussis si les précipitations sont bonnes et si les dates de semis sont bien corrélées aux pluies. Si le sol ne bénéficie pas de pluie après le semis, le couvert aura une levée tardive ou un développement ralenti causé par une sécheresse post levée. Il faut donc coordonner les plages de travail avec les bonnes conditions climatiques. L’avantage d’un semis de couvert d’automne durant la 2ème quinzaine de novembre (comme la féverole) est son implantation tardive permettant de réaliser plusieurs faux semis avant celle-ci et donc d’épuiser le stock semencier d’adventices. Cependant, les faibles durées d’ensoleillement peuvent ralentir la croissance du couvert végétal implanté.

Enfin, il est possible d’effectuer un semis de légumineuses sous couvert de blé. C'est une bonne alternative dans cette région puisqu’il bénéficie des précipitations printanières, favorables à une bonne levée de la culutre. De plus, le blé permet de garder l’humidité au plus près du couvert. Le couvert, qui possède un développement lent et très progressif, ne concurrence pas le blé et attend la moisson avant de se développer entièrement. Le semis sous couvert de blé permet également d’avoir une couverture du sol plus étalée dans le temps car le couvert perdurera après la moisson du blé jusqu’au prochain semis de printemps, et permettra de garder la parcelle propre pendant l’interculture.

 

Objectifs du semis de légumineuses sous couvert de blé (trèfles) :

  • Apporter de l’azote à la culture suivante
  • Gérer la population d’adventices pendant l’interculture
  • Trouver un couvert non concurrentiel au blé mais bien couvrant
  • Evaluer les modes d’implantation et de destruction du couvert

 

1° date de semis : 23 septembre 2016

Objectifs de la première date de semis 23 septembre 2016 (moutarde) :

  • Comparer l’efficacité des couverts de référence agriculteurs en Moutarde (Blanche/Brune/Abyssinie)
  • Qualités couvrantes et concurrentielles par rapport aux adventices
  • Etudier le comportement de la moutarde, de la phacélie et du radis ainsi que leurs avantages agronomiques pour la culture suivante (soja)
  • Evaluer les différents modes d’implantation et de destruction du couvert

Dispositif de l'essai

 

2° date de semis: 19 octobre 2016

Objectifs de la seconde date de semis 19 octobre 2016 (féverole) :

  • Intérêts agronomiques des légumineuses
  • Trouver une légumineuse alternative à la féverole (référence agriculteur)
  • Optimiser les gains en azote pour la culture suivante (sorgho)
  • Trouver un partenaire à la féverole pour limiter les pressions maladie (rouille et anthracnose) et adventices
  • Evaluer les modes d’implantation et de destruction du couvert

Dispositif de l'essai :