Gestion de l'interculture : désherbage sur cultures de printemps

Responsable de l'essai : GROS Benjamin, BOUE Hugo, YOL Sarah, BEHAGHEL Manon, DAYDE Jérémy

Responsable de la publication : YOL Sarah

Desprin 5

Parcelle semée en pois de printemps présentant une problématique ray-grass

Contexte de l'essai

Le système de culture dominant du Lauragais repose sur des rotations relativement courtes comme blé dur/tournesol. Le recours fréquent au labour et aux mêmes familles chimiques d’herbicides a amené la spécialisation des adventices comme le xanthium dans le tournesol et le ray-grass dans les blés.
En effet, les produits foliaires à base de molécules du groupe HRAC B, inhibiteur de l’ALS, génèrent l’apparition de résistances chez certaines adventices. Ce mode d’action (inhibition de l’enzyme acétolactate synthase) est celui de plusieurs herbicides :

 

  • Les sulfonylurées notamment, utilisées comme herbicides foliaires en sortie hiver sur céréales à paille,

  • Le Pulsar 40 (imazamox) qui permet de gérer les flores dites « difficiles » dans le soja et dans le tournesol variétés Clearfield,

  • L’Express SX (sulfonylurée) dans le tournesol variété Express Sun.

Il faut noter que ces produits sont les seuls leviers chimiques qui permettent de gérer l’orobanche du tournesol, plante parasitaire qui se développe d’autant plus que le tournesol revient fréquemment dans la rotation.

 

Face à ces phénomènes de résistances, les agriculteurs se tournent vers l’utilisation de produits racinaires, comme le « S-métolachlore » qui est la matière active la plus utilisée sur culture de printemps. Cette molécule présente dans le « Mercantor gold », groupe HRAC K3, est appliquée en pré levée de la majorité des cultures de printemps. Le risque de transfert de cette molécule vers les cours d’eau et les nappes phréatiques est réel d’autant qu’il est appliqué sans couverture du sol. La réglementation va s’orienter de plus en plus vers une restriction d’utilisation des herbicides racinaires.
Ce contexte nous amène à réfléchir sur les pratiques actuelles, et à prioriser l’utilisation de leviers agronomiques : a
gir directement sur le stock semencier adventices, atténuer en culture les dégâts des adventices (meilleure gestion de la fertilisation azotée, date et densité de semis...), et en dernier recours effectuer des rattrapages, soit mécanique, soit chimique si le premier n’est pas efficace, en élaborant des programmes chimiques à l'échelle de la rotation.

 

En agriculture biologique, la gestion des adventices repose sur plusieurs interventions pendant l’interculture (travail du sol, déchaumages, faux semis…). Les adventices vivaces comme le chardon peuvent être particulièrement délicates à gérer. C'est le cas sur l’exploitation du lycée, où nous faisons face à une pression importante de chardon.

Cette adventice développe un système racinaire complexe tant verticalement qu’horizontalement,  pouvant aller jusqu'à 3 m de profondeur avec émission de rhizomes. Elle forme des ronds de colonies qui s’élargissent avec le temps. Mais au printemps, les réserves en éléments nutritifs sont au plus faible, c’est donc le moment le plus propice à la destruction. Il est important de favoriser les outils à dents ou socs pour cette adventice, car les disques fragmentent les rhizomes et multiplient ainsi les adventices.
Nous avons donc travaillé sur des stratégies de travail du sol pour agir sur le stock semencier. Nous avons mobilisé deux types de stratégie, avec labour et travail du sol superficiel.

 

Intérêt du labour

 

Le labour permet de réduire la viabilité des graines en les enfouissant en profondeur. Il permet aussi de détruire les semences dites « fragiles », c’est-à-dire avec un taux annuel de décroissance élevé comme le ray-grass, le vulpin et le brome. Mais il faut éviter de revenir sur le labour l’année suivante pour ne pas remonter ce qui a été enfoui, et donc favoriser le travail superficiel.

 


Le travail superficiel, avec les faux semis, permet de détruire physiquement les adventices et de stimuler leur levé pour ensuite revenir les détruire. Cette méthode a besoin d’un nombre de passage élevé pour donner une efficacité satisfaisante, avec une fréquence de passage elle aussi élevée. La profondeur de travail doit être dégressive au fur et à mesure des passages pour ne pas remonter les graines logées en profondeur.

 

Le ray-grass, est également très présent sur l’exploitation du lycée sur la partie conventionnelle. C'est une graminée, dont la germination peut avoir lieu toute l’année et principalement en automne et au début du printemps. Il se rencontre surtout dans les milieux humides quel que soit le type de sol. C’est une adventice très fréquente et abondante dans les cultures d’hiver (colza, céréales, protéagineux, lin) et touche particulièrement les cultures porte-graine fourragères. Elle se retrouve de plus en plus fréquemment dans les cultures de printemps (pois, betterave, tournesol, maïs). Initialement, elle était surtout favorisée par les assolements fourragers. L’évolution des pratiques agricoles, plus particulièrement dans les bassins de grandes cultures, a permis le développement de l’espèce dans toutes les régions, notamment à cause de rotations courtes avec essentiellement des semis d’automne (colza-blé-orge), ou de rotation blé dur-tournesol dans notre zone Sud-Ouest qui est fortement touchée. Le non labour a aussi favorisé cette problématique. Sa nuisibilité impacte fortement le rendement et la qualité des cultures.


L’efficacité dégressive des herbicides, sur céréales d’hiver notamment, et le développement des populations résistantes aux familles des fops et des sulfonylurées amène certains systèmes de cultures dans une impasse.

 

Comptage de chardons sur le terrain

Comptage de chardons sur le terrain

 

Objectifs sur la problématique chardon 

 

L'objectif de notre essai est de gérer une plante vivace, qui est le chardon, entre une culture d'hiver et une culture de printemps (interculture longue) dans un système en agriculture biologique.
Notre but est de mobiliser des stratégies de désherbage mécanique facilement réalisables par les agriculteurs. La stratégie la plus utilisée sera celle dites de "l'épuisement", pour diminuer au maximum les ressources du chardon dans le sol. Si une partie de la racine reste dans le sol, la plante pourra alors se multiplier et former des repousses. Des passages d'outils répétés à différentes profondeurs viendront diminuer ses réserves racinaires afin de tuer les organismes.

 

Notre objectif principal est de détruire cette adventice pour éviter des résistances les années suivantes.

 

Date de dernière mise à jour : 23/05/2017

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