Légumes secs - Diversification des cultures

Responsable de l'essai : MAURY Emma, PIET Grégoire, JEANNET Guillaume, MOUCHET Florent, DE BROUWER Tristan

Responsable de la publication : DE BROUWER Tristan

 

Image site mil1

Comptage de levée de la lentille associée

 

Les légumes secs : un pilier de l’agroécologie

 

Depuis les années 50, la consommation de légumes secs a chuté progressivement en France à l’inverse de la consommation de viande. Cependant, ce phénomène tend à s’inverser depuis quelques années car la consommation de légumes secs connait une augmentation. Le Royaume Uni, l’Espagne et la France représentent à eux seuls 60 % de la consommation européenne de légumes secs (source : Perspectives agricoles, n°302). En France, on consomme 2 à 3 kg/an/personne. L’Espagne est le plus gros consommateur européen (d’après le dossier INRA avril 2016 « Vers un retour en grâce des protéines »)

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Quels avantages peuvent présenter la consommation de légumes secs ?

 

Les légumes secs sont des plantes dont les graines sont contenues dans des gousses et destinées à l’alimentation humaine. Ils appartiennent à la famille des Fabacées communément appelée légumineuses. Ils sont capables de fixer l’azote de l’air. Dans cette famille on distingue les lentilles, pois chiches, fèves, haricots pour les plus connus. Les légumes secs sont riches en glucides, protéines et en fibres. Ils sont connus pour leurs intérêts nutritionnels importants. Les légumes secs sont la source principale de protéine dans certains pays contrairement au régime occidental principalement composé des protéines animales.

 

Les légumes secs possèdent de nombreuses qualités nutritionnelles. Ils sont riches en fibre et en éléments minéraux comme le magnésium et en vitamine B. Ils sont une source très importante de protéine végétale (60% de protéine, 20% de glucide). Les légumes secs sont également fortement recommandés par les médecins pour leur qualités nutritionnelles car pauvres en graisses saturées. Ils sont adaptés à tout type de régimes. De plus, leur consommation réduirait significativement le taux de cholestérol dans le sang et donc préviendrait le risque de maladies cardio-vasculaires. La mise en avant des qualités nutritionnelles et de la prévention de certaines maladies (AVC, diabètes, …) vise une clientèle plus soucieuse de son alimentation.

 

La forte demande du consommateur entraine la création de nouvelles filières : des marchés de niches se développent de plus en plus (notamment en agriculture biologique) à cause de leur forte marge brute. Si les légumes secs sont intéressants pour le consommateur, ils le sont également pour les producteurs.

 

 

Diversifier sa rotation

 

Dans le secteur du Lauraguais où le climat et le type de sol se prêtent à des cultures à faibles besoins hydriques, les légumes secs seraient une nouvelle voie de diversification. Depuis quelques années, les producteurs du Lauraguais rencontrent des problèmes avec les cultures de printemps, principalement le tournesol (culture classique dans le Lauragais) : des rendements qui stagnent depuis plusieurs années, salissement des parcelles (datura, xanthium, orobanche, renouée persicaire, liseron), ravageurs (palombe, lapin, taupin, limaces), et maladies (oïdium, mildiou, phomopsis).

 

Suite aux nombreux problèmes rencontrés sur ces cultures, les légumes secs apparaissent comme des cultures « d’appui » permettant de stabiliser la production des cultures de printemps et d'offrir une nouvelle source de diversification dans la rotation. Les légumineuses sont capables de fixer l’azote de l’air par les nodosités de leurs racines à l’aide de bactéries de type rhizobium : on parle de relation symbiotique. Cette fixation permet de faire une impasse en engrais azoté, donc entraîne un effet positif sur l’environnement et sur le long terme une réduction des gaz à effet de serre. Les légumineuses sont un très bon précédent car elles sont capables de restituer l’azote pour la culture suivante ce qui entraîne une nouvelle réduction d’intrants. De plus, elles permettent de diminuer le travail du sol car elles sont capables d’améliorer la structure du sol en profondeur grâce à leur système racinaire développé. L'introduction des légumineuses dans la rotation permet également de casser les cycles d’adventices et des bio agresseurs problématiques en Lauraguais. Enfin, les légumes secs favorisent la biodiversité en servant de niche à la faune environnante, et particulièrement aux espèces pollinisatrices.

 

La culture de tournesol nécessite peu d’interventions et donc diminue l’utilisation d’intrants, néanmoins cette production de tournesol génère une marge brute peu élevée (400-450 €/ha). En comparaison, les légumes secs présentent une marge brute intéressante en système conventionnel et plus spécialement en bio. A titre d’exemple, la marge brute des lentilles est d’environ 850 €/ha pour le conventionnel et de 1 250 €/ha pour le bio (Chambre agriculture Midi-Pyrénées). L’autre légume sec le plus répandu est le pois chiche. Ses chiffres sont également attrayants avec une marge brute de 500 €/ha pour le conventionnel et 1 381 €/ha en bio (Chambre d’agriculture Midi-Pyrénées). La production par contrat permet au producteur d’assurer un prix stable dans un contexte de fluctuation importante des prix. Aujourd’hui en France, la demande est supérieure à l’offre, ainsi un travail sur une meilleure valorisation des productions et donc de meilleur prix encourage les agriculteurs à introduire les légumes secs dans leurs rotations.

 

 

Objectifs de l'essai

 

  • Développer de nouvelles filières
  • Mettre au point des références de conduite pour ces cultures
  • Dégager une meilleure marge brute

 

Dispositif général de l'essai

 

 

Dispositif mil

PC = Pois chiche ; HE = herse étrille ; TO = tournesol

Date de dernière mise à jour : 23/05/2017

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